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Le Journal du BTP

Chiffrage

Chiffrer un mur de soutènement en gabion : l'épaisseur fait le prix

Le déboursé sec d'un mur de 18 mètres sur 2 mètres de haut, poste par poste : 10 939 €, dont 53 % pour le remplissage. Le guide Cerema d'application de la NF P 94-281 retient 2 m de base pour 2 m de haut, là où le ratio qui circule en donne 0,80 m.

Publié le 22 septembre 2026 17 min de lecture

Un mur de soutènement en gabions de 18 mètres de long et 2,00 mètres de haut sort à 10 939 € de déboursé sec, 12 900 € de prix de revient et 14 835 € HT au coefficient 1,15, soit 824 € le mètre linéaire. Le remplissage, cages et montage compris, pèse 5 789 € de ce déboursé, contre 1 782 € pour tout le drainage. Chiffrer un mur de soutènement en gabion revient donc à chiffrer un volume de massif, et ce volume se lit sur l’épaisseur retenue, pas sur la surface de parement que le client regarde.

Cette épaisseur circule sous forme de ratio : 0,4 fois la hauteur, une cage de 50 cm pour un mur de 2 mètres. L’exemple chiffré de mur poids en gabions que le Cerema déroule dans son guide d’application de la NF P 94-281 retient une base de 2,00 m pour une hauteur de 2,00 m, dans un cas pourtant clément : sol sableux, remblai frottant, aucune nappe, aucune charge en tête. Entre les deux géométries, 2 698 € de déboursé sec sur ce chantier, soit près du quart.

Chiffrer un mur de soutènement en gabion, c’est chiffrer une masse

Un massif de gabions ne travaille ni en flexion ni en ancrage. Il tient parce qu’il est lourd, et la norme NF P 94-281, publiée en avril 2014, le range avec les murs poids : norme d’application nationale de l’Eurocode 7 pour les ouvrages de soutènement, 91 pages, en vigueur.

La poussée que ce massif reprend suit le carré de la hauteur. Dans l’exemple du Cerema, un remblai frottant à 30 degrés d’angle de frottement interne donne un coefficient de poussée de 0,3, lu dans les tables de Kérisel et Absi, et une poussée horizontale de 11,3 kilonewtons par mètre linéaire sur deux mètres de hauteur. La masse, elle, ne croît que linéairement avec la hauteur à épaisseur constante. Doubler la hauteur quadruple la poussée et ne double que le poids : l’épaisseur doit suivre, et le volume de pierre avec elle. Un massif homothétique de 3,00 m demanderait 6,75 m³ au mètre linéaire là où celui de 2,00 m en demande 3,00.

La norme ne donne aucune géométrie type. Elle donne des vérifications, et il y en a sept. À l’extérieur, trois : la limitation de l’excentrement, la capacité portante du sol de fondation, le non-glissement de la base sur le terrain. À l’intérieur, quatre par rang de cages, du sommet vers la base : le non-renversement du rang par rapport à son point aval, le non-glissement du module sur le rang inférieur, le cisaillement des modules et leur résistance à la compression. Aucune de ces sept vérifications ne se remplace par un ratio, et chacune consomme du volume quand elle ne passe pas.

L’épaisseur du massif ne se déduit pas d’un ratio de hauteur

Le ratio tient sur une ligne de devis, et c’est son seul mérite. Il ignore l’angle de frottement du remblai, la pente du talus derrière, la charge en tête, la portance du sol de fondation et la zone de sismicité. Ce sont les cinq entrées qui déplacent la géométrie.

Le guide méthodologique publié par le Cerema en mai 2017 déroule six exemples complets d’application de la NF P 94-281, dont un mur poids en gabions. Sa géométrie tient en deux lignes : une rangée inférieure de 1 m de hauteur sur 2 m de largeur, une rangée supérieure de 1 m de hauteur sur 1 m de largeur, décalée pour obtenir un parement visible continu. Trois mètres cubes de massif au mètre linéaire, pour deux mètres de hauteur retenue.

« Une épaisseur de 50 cm suffit pour un mur de 2 mètres. »
Le ratio de 0,4 fois la hauteur retire 25,2 m³ de massif sur les 54 m³ de ce chantier, soit 41 tonnes de pierre et 2 698 € de déboursé sec. Ce qui sort d'un pareil calcul est un autre ouvrage, dont ni le glissement ni l'excentrement n'ont été vérifiés, et dont le parement se bombe dans les deux hivers qui suivent.

Pour l’entreprise qui chiffre, la conséquence est immédiate. La géométrie arrive avant le prix, elle ne se déduit pas de lui, et le devis qui sort d’un ratio se compare à un devis qui sort d’une note de calcul sans que le client voie la différence. Il la verra au moment du sinistre.

Les hypothèses du chiffrage qui suit

Le cas est déroulé sur un chantier unique, jusqu’au prix de vente. Les hypothèses sont posées ici pour que le calcul se refasse avec d’autres nombres.

  • entreprise de maçonnerie et terrassement, cinq compagnons productifs, celle dont le prix de revient horaire ressort à 42,53 € : 28,81 € de coût horaire de main d’œuvre et 13,71 € de frais généraux à l’heure facturable ;
  • mur de soutènement en gabions double torsion, 18 mètres linéaires, deux rangs de 1,00 m, base de 2,00 m et tête de 1,00 m, soit 3,00 m³ de massif au mètre linéaire et 54 m³ au total ;
  • talus soutenu sans charge d’exploitation en tête, remblai frottant, sol de fondation sableux, aucune nappe rencontrée ;
  • poids volumique du gabion pris à 16 kN/m³, la valeur que le Cerema retient dans son exemple, soit 1,63 tonne par mètre cube en place, vides et cage compris ;
  • rendement de montage et de remplissage de 1,35 heure au mètre cube, relevé sur les pointages des chantiers précédents de l’entreprise ;
  • prix d’achat de l’entreprise, rendus chantier, hors remise de fin d’année.

Le déboursé sec retenu ci-dessous ne contient que ce qui disparaît avec le chantier : la main d’œuvre au coût horaire, les fournitures, la location de matériel et l’évacuation. Ni frais généraux, ni bénéfice.

Le terrassement et le lit de fondation se chiffrent avant la première cage

La fouille fait 2,60 m de large, l’épaisseur du massif plus trente centimètres de chaque côté pour travailler, sur 0,45 m de profondeur : 21 m³ en place sur les 18 mètres, soit 38 tonnes à sortir. Ces terres excavées ne relèvent d’aucune filière de reprise sans frais. La reprise gratuite des déchets de chantier porte sur les produits et matériaux de construction du bâtiment, pas sur les déblais, qui partent en installation de stockage et se paient à la tonne, transport compris.

La mini-pelle de 5 tonnes reste trois jours sur place : la fouille, puis le réglage du lit de fondation, puis la mise en place du remblai drainant. Sa conduite suppose une autorisation de conduite délivrée par l’employeur, qui s’appuie sur une formation et un avis d’aptitude et ne se confond pas avec le seul certificat.

Le lit de fondation reçoit 0,20 m de grave 0/31,5 compactée par couches, sur toute la largeur de fouille, soit près de 20 tonnes. Cette grave ne sert pas à la propreté du fond de fouille, elle reprend le poids du massif. Trois mètres cubes de gabion au mètre linéaire pèsent 48 kilonewtons, près de cinq tonnes au mètre, et cette charge se répartit sur les deux mètres de base, soit environ 24 kilopascals avant même que la poussée du talus ne s’y ajoute. Sur un sable, la marge est confortable ; sur un limon compressible, c’est le poinçonnement qui décide de tout le reste.

Le mode opératoire pèse ici autant que la géométrie. Les documents de pose qui détaillent les fondations d’un mur en gabion donnent tous la même séquence : décaissement sous le niveau du terrain fini, grave compactée par couches, réglage au laser avant le premier rang. Ce réglage décide du temps passé sur les rangs suivants, parce qu’un premier rang posé de travers se rattrape à la main, cage après cage, et le rendement s’effondre.

La cage se choisit sur le diamètre de fil et la classe de zingage

Deux normes tiennent cette ligne de devis. La NF EN 10223-3, publiée en avril 2014, fixe les dimensions, les revêtements et les conditions de livraison des produits en grillage à mailles hexagonales destinés au génie civil. La NF EN 10244-2, dans sa version de juin 2023, fixe les revêtements de zinc et d’alliage de zinc sur le fil, avec leurs classes de masse déposée. Le fil de 2,7 mm revêtu d’alliage zinc-aluminium et le fil de 2,2 mm simplement galvanisé sortent de la même famille de produits et ne portent pas la même durée de service : c’est ce qui sépare deux devis dont le client ne lit que le total.

La NF P 94-281 ajoute une restriction que peu de devis mentionnent. Elle s’applique pour l’essentiel aux gabions à maille hexagonale double torsion. Les gabions électrosoudés, fabriqués par soudure, forment des cages beaucoup plus rigides, et les structures réalisées à partir de matelas ou de sacs en double torsion sortent de son domaine d’application. Un panneau électrosoudé vendu pour une clôture décorative et une cage de génie civil se ressemblent de loin ; la méthode de justification ne les traite pas de la même façon.

L’agrafage suit la même logique. Dans l’exemple du Cerema, la résistance au cisaillement des agrafes vaut 10 kilopascals et entre directement dans la vérification du non-glissement d’un rang sur l’autre, aux côtés du coefficient de frottement du matériau de remplissage, pris à 0,7. Ce sont des paramètres de calcul, fournis avec le produit. Agrafer moins que ce que la note prévoit revient à modifier l’ouvrage après coup.

Le tonnage de pierre se déduit du volume de massif, jamais du parement

Cinquante-quatre mètres cubes de massif à 1,63 tonne le mètre cube font 88 tonnes de pierre à commander. Le calcul n’a qu’une entrée, le volume, et la valeur de densité qui lui est appliquée sort du même exemple que la géométrie : les 16 kN/m³ du Cerema intègrent la pierre, les vides entre les blocs et la cage.

88 tonnes de pierre pour 18 mètres de mur de 2 mètres de haut, soit 4,9 tonnes au mètre linéaire : le premier poste du chantier, avant la main d'œuvre.

Deux erreurs se logent ici, et elles se cumulent. La première part de la surface de parement, ce que le client a en tête, et la multiplie par une épaisseur moyenne devinée. La seconde retient une densité de pierre en vrac, autour de 1,4 tonne le mètre cube, au lieu de celle du gabion en place. Sur ce chantier, la seconde à elle seule fait manquer douze tonnes : la dernière rotation de camion se commande en urgence, un tiers du prix à la tonne part en frais de transport, et l’équipe attend.

Le calibre se choisit par rapport à la maille, pas par rapport au goût du client. Une maille de 8 par 10 centimètres appelle un concassé de 90/150 : en dessous, la pierre traverse le grillage aux angles, et le remplissage se tasse. Le tonnage se contrôle deux fois, à la commande et au bon de livraison, parce que c’est la seule ligne du devis où une erreur de 10 % se voit en euros avant de se voir en mètres.

Le drainage se chiffre, sinon il se paie deux fois

Le gabion est perméable, et on le choisit pour ça : l’eau du talus le traverse au lieu de s’accumuler derrière. Encore faut-il que les fines du remblai ne viennent pas le colmater. Un géotextile anticontaminant en face arrière, un drain routier en pied avec son exutoire, et une bande de remblai drainant de 20/40 sur cinquante centimètres d’épaisseur : 1 782 € sur le chantier, soit 16 % du déboursé sec.

Sans ce dispositif, la poussée change de nature. Une nappe ou une venue d’eau non drainée ajoute une poussée hydrostatique que le massif n’a pas été calculé pour reprendre, et le guide du Cerema traite le mur poids avec nappe d’eau dans un exemple distinct de celui sans nappe. Le calcul entier est repris, la mise en œuvre vient après.

Le Cerema a publié en 2018 un catalogue des désordres des murs poids en gabions, classés en type 4 de la méthode IQOA, organisé en quatre parties : la zone d’influence, les équipements, le drainage et la structure. Le drainage y forme une partie à lui seul, au même rang que l’ouvrage.

Le déboursé sec du mur, poste par poste

PosteBaseMontant
Implantation, piquetage, installation8 h × 28,81 €230 €
Terrassement de la fouille21 m³ en place, 16 h × 28,81 €461 €
Location de la mini-pelle de 5 t3 jours × 210 €630 €
Évacuation des déblais38 t, transport et admission, 22 €/t836 €
Grave 0/31,5 du lit de fondation20 t × 26 €/t520 €
Réglage et compactage du lit de fondation14 h × 28,81 €403 €
Cages double torsion, maille 8 × 10, fil 2,7 mm54 m³ × 21 €/m³1 134 €
Pierre de remplissage, concassé 90/15088 t × 29 €/t2 552 €
Montage, agrafage et remplissage des cages54 m³ × 1,35 h, soit 73 h × 28,81 €2 103 €
Géotextile anticontaminant58 m² × 1,35 €/m²78 €
Drain routier et regard de pied20 ml × 9 € plus 80 €260 €
Remblai drainant 20/4030 t × 27 €/t810 €
Pose du géotextile, du drain et du remblai drainant22 h × 28,81 €634 €
Repli, nettoyage, finition de tête10 h × 28,81 €288 €
Déboursé sec143 h sur 18 mètres linéaires10 939 €

Cent quarante-trois heures de main d’œuvre au total, dont 73 pour le seul montage des cages. La répartition du déboursé sec est de 4 119 € de main d’œuvre, 5 354 € de fournitures et 1 466 € de matériel et d’évacuation. Le rapport s’inverse par rapport à un chantier de maçonnerie courante : ici, la fourniture domine, et elle domine parce qu’elle se mesure en tonnes.

Le remplissage au sens large, pierre, cages et montage, fait 5 789 € à lui seul, plus de la moitié du déboursé. C’est aussi la part qui varie le plus vite, puisqu’elle est proportionnelle au volume de massif, donc à la géométrie retenue au départ. Réduire l’épaisseur de base de 2,00 m à 0,80 m ferait tomber ces 5 789 € à 3 091 €, et l’ouvrage avec.

Du déboursé sec au prix de vente HT

Les 143 heures facturables portent la quote-part de frais généraux : 1 961 € à 13,71 € l’heure, ce qui porte le prix de revient à 12 900 €. Au coefficient 1,15, le prix de vente ressort à 14 835 € HT, pour un bénéfice de 1 935 €, soit 13,0 % du prix de vente. Rapporté au linéaire, 824 € le mètre ; rapporté au parement visible, 412 € le mètre carré.

Déboursé sec 10 939 € + quote-part de frais généraux 1 961 € = prix de revient 12 900 €.
Coefficient 1,15 : prix de vente 14 835 € HT, soit 824 € le mètre linéaire pour 18 mètres de mur de 2 mètres de haut.

La répartition des frais généraux mérite un second calcul sur ce chantier, parce que la part de fourniture y est forte. En méthode mixte, 11,43 € par heure plus 8 % des achats, la quote-part monte à 2 062 € au lieu de 1 961 €. Cent un euros d’écart seulement, parce que le rapport entre achats et heures reste proche de la moyenne de l’entreprise. Sur un chantier plus chargé en matériel, l’écart se compte en milliers d’euros, et c’est la même mécanique qui explique pourquoi le coefficient appliqué aux fournitures ne se transpose pas d’un corps d’état à l’autre.

Les fourchettes au mètre carré qui circulent encadrent ce chiffre de 412 €. Elles ne le remplacent pas. Un même prix au mètre carré de parement couvre un massif de 3,00 m³ au mètre linéaire et un massif de 1,60 m³, une fouille de 0,45 m et une fouille de 1,20 m, dix-huit mètres de drain et aucun. Le devis qui part d’une fourchette et non d’un métré fait porter tout l’écart au résultat de l’entreprise.

L’eau, la hauteur et ce que le mur soutient déplacent le chiffrage

L’eau. La découvrir au moment de terrasser coûte cher. Une venue d’eau transforme le drainage en poste dimensionnant, impose un exutoire là où il n’était pas prévu, et rouvre le calcul de poussée. Le sondage préalable coûte moins cher que la reprise.

La hauteur. Aucun seuil ne déclenche à lui seul l’intervention d’un bureau d’études. La NF P 94-281 s’applique du premier rang au dernier, et c’est la justification qui est due, pas un formulaire au-delà d’une cote. Ce que la hauteur change, c’est le nombre de vérifications : pour les murs en gabions, la stabilité de chaque niveau intermédiaire relève de la stabilité interne et se vérifie selon les mêmes principes que la stabilité externe. Quatre rangs, quatre séries de calculs.

Ce que le mur soutient. Un talus de jardin, une voirie ou une construction ne posent pas le même problème. Un mur qui borde une chaussée reçoit une charge d’exploitation en tête et, le cas échéant, un choc routier, auquel le guide du Cerema consacre un article entier. La géométrie qui tenait pour un talus libre ne tient plus, et la différence se voit sur le tonnage bien avant de se voir sur le devis.

La qualité du client. L’obligation d’assurance de responsabilité décennale pèse sur le constructeur quel que soit le client. Ce qu’un maître d’ouvrage professionnel ajoute, c’est l’exigence contractuelle : l’attestation est demandée avant l’ordre de service, et son libellé est lu ligne à ligne.

Le mur de soutènement est un ouvrage, et l’attestation doit le dire

Article 1792 du code civil
« Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère. »

Un massif de gabions qui se bombe, un rang qui glisse sur celui du dessous, un parement qui s’ouvre : l’ouvrage devient impropre à sa destination, puisque sa destination est de retenir des terres. La troisième chambre civile de la Cour de cassation applique les articles 1792 à 1792-6 du code civil aux murs de soutènement ; son arrêt du 30 janvier 2025, pourvoi n° 23-16.347, rendu à propos d’un mur édifié par un vendeur avant la vente, rappelle que celui qui vend après achèvement un ouvrage qu’il a construit est réputé constructeur et répond, pendant les dix années suivant la réception, d’une faute prouvée sur les dommages intermédiaires. Le classement de ces atteintes est traité à part, avec ses seuils et ses bornes qui ne montrent pas tout.

L’obligation d’assurance, elle, ne suit pas mécaniquement la qualification d’ouvrage. L’article L. 243-1-1 du code des assurances, dans sa rédaction issue de la loi du 28 juillet 2008, sort des obligations des articles L. 241-1, L. 241-2 et L. 242-1 les ouvrages d’infrastructures routières, ainsi que les voiries, les parcs de stationnement et les réseaux divers. Il ajoute aussitôt la clause qui décide de la plupart des cas : ces exclusions tombent « si l’ouvrage ou l’élément d’équipement est accessoire à un ouvrage soumis à ces obligations d’assurance ». Le mur qui soutient la terrasse d’une maison est accessoire à un bâtiment assuré ; celui qui soutient une voie communale ne l’est pas. Deux chantiers identiques sur le plan technique, deux régimes différents.

Reste le document qui tranche en pratique. L’attestation d’assurance porte une liste d’activités, et une activité absente de cette liste n’est pas couverte : une entreprise déclarée en maçonnerie et béton armé n’est pas nécessairement garantie pour des ouvrages de soutènement, et la garantie décennale qu’elle croit détenir ne joue pas. La date compte autant que le libellé, puisque la garantie se déclenche sur le contrat en vigueur à l’ouverture du chantier et court dix ans à compter de la réception. Dans l’affaire de janvier 2025, faute de contestation sur ce point, c’est la date à laquelle l’édification du mur s’est terminée qui a servi de point de départ : un mur monté sans procès-verbal laisse ce curseur à celui qui l’invoquera plus tard.

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